Le changement climatique s'accélère au-delà de ce qui était attendu. Les scientifiques rappellent l'urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elles doivent cesser totalement d'ici 2100, il reste à peine quelques années pour réagir sous peine de créer des dégâts irréversibles pour toutes les civilisations. Voici le communiqué de presse des auteurs de "Copenhagen Diagnosis", un rapport prenant en compte les découvertes publiées depuis le dernier rapport du GIEC de 2007
La montée du niveau des mers au cours des 15 dernières années a dépassé de 80% les prévisions. Et maintenant, une hausse de 2 mètres d'ici 2100 est de l'ordre du possible. Cela veut dire que la nouvelle route du littoral devra être construite plus haut que ce qui était prévu au moment de la signature de son protocole de financement. (photo CF)
L'ensemble des glaces polaires et des glaciers du monde fondent à vitesse croissante. En Arctique, la disparition de la banquise s'accélère, et le niveau des mers monte plus rapidement que prévu. Ces conclusions proviennent d'une nouvelle synthèse scientifique rédigée par des climatologues mondialement reconnus.
Dans un rapport spécial, intitulé “The Copenhagen Diagnosis”, 26 chercheurs, dont beaucoup ont participé à la rédaction des rapports du GIEC, concluent que les prévisions passées étaient en deçà de ce que nous observons aujourd'hui. De nombreuses manifestations du changement climatique se produisent en effet actuellement soit à la vitesse maximale prévue il y a seulement quelques années, soit à un rythme supérieur.
Ce rapport indique clairement que, sans un effort significatif de modération des émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement global pourrait atteindre les 7°C d'ici la fin du 21ème siècle.
“The Copenhagen Diagnosis”, qui a été rédigé au cours de cette dernière année, documente les découvertes récentes clés dans le domaine du changement climatique depuis la publication du 4ème rapport du GIEC en 2007.
Parmi les nouvelles découvertes publiées depuis 2007 :
Les mesures satellitaires et in situ mettent en évidence que les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique perdent toutes deux de plus en plus de masse, contribuant à une accélération de la montée du niveau des mers.
En Arctique, la banquise a reculé au-delà de ce qui avait été prévu par les modèles climatiques. Par exemple, l'étendue de glace de mer ayant fondu au cours des étés 2007 à 2009 était de 40% supérieure à la projection moyenne prévue par les modèles dans le dernier rapport du GIEC.
Le niveau de la mer a monté de plus de 5 centimètres au cours des 15 dernières années. C'est une élévation de 80% supérieure à celle des projections de l'avant dernier rapport du GIEC en 2001. Si l'on tient compte des calottes glaciaires et des glaciers, la montée du niveau des mers pourrait excéder 1 mètre en 2100, voire 2 mètres. C'est bien plus que ce qui avait été prévu. Au-delà de 2100, le niveau de la mer pourrait s'élever de plusieurs mètres pendant quelques siècles.
En 2008, les émissions de dioxyde de carbone par les combustions fossiles ont été d'environ 40% supérieures à celles de 1990. Si les émissions n'augmentent pas au-delà des taux actuels, le monde aura quand même émis, d'ici 20 ans, la quantité globale de gaz à effet de serre qu'il faudrait ne pas dépasser pour limiter le réchauffement global à 2 degrés Celsius.
Ce rapport conclut que les émissions globales doivent diminuer rapidement au cours des cinq à dix prochaines années si nous souhaitons que le monde ait une chance raisonnable d'éviter les impacts les plus dramatiques du changement climatique.
Pour stabiliser le climat, ce rapport préconise que les émissions de dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre à longue durée de vie doivent atteindre un seuil quasiment nul d'ici la fin de ce siècle.